Surveillée

Depuis quelque temps, vous l’aurez remarqué, je suis moins présente ici.

Je ne peux plus écrire.

Ne laisser aucune trace de mes pensées. Aucune trace de mes doutes, de mes angoisses. Parce que peut-être, avoir des doutes n’est même pas possible. Parce que sans doute, il faudrait dans ce monde n’avoir que des certitudes. Les certitudes et moi, ce sont deux concepts incompatibles.

Depuis que je suis née je doute. Je doute de tout. Et n’est-ce pas le début même de la pensée et de l’intelligence, le doute ? Le fondement même de l’humanité ?

Je doute de moi, avant tout. Je doute des autres et de leur sincérité, depuis peu. C’est nouveau et ça fait mal. Ma naïveté et moi on s’est souvent cassé la gueule et on ne s’est pas relevées, cette fois. Je doute de mes choix, je doute de mes envies, et si je l’écris ici je sais que c’est risqué. Je sais que je suis lue par une ou plusieurs personnes qui pourraient utiliser contre moi ces mots que j’écris ici.

Mon espace. Mon journal. Mes pensées, mon libre-arbitre, ma liberté, mes mots. J’écris parce que je meurs de ne plus pouvoir le faire mais je sais que même sans préciser ni expliquer quels sont ces doutes et ces angoisses, je suis en danger d’écrire ces mots.

Je me sens surveillée comme une malade mentale qui n’aurait pas pris ses cachets. Il surveille que j’aille bien et si en apparence je me comporte normalement, tout va bien. S’il décèle quelque chose, il traque. Il cherche comment il pourrait me confondre et me montrer, me prouver que je m’égare, que je me trompe de chemin.

Et moi, je ne peux pas.

Je ne peux pas ne pas douter, je ne peux pas être à lui totalement, aveuglément, toute la vie sans jamais remettre en question ce que nous sommes et où nous allons. Je ne peux pas ne pas partager mes réflexions mais il ne peut pas (ne veut pas ?) les entendre. Et s’il les lisait il les comprendrait de travers.

Tout ça pour dire que je vais privatiser cet endroit et ne le rendre accessible qu’avec une identification, ou créer une autre page, ailleurs.

Alors si vous voulez continuer à me lire, envoyez-moi un petit mot ou laissez un commentaire sous cet article et je vous communiquerai les nouvelles références ou des identifiants..

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Le rêve

Je suis une rêveuse.

Parfois, je vais me coucher tôt pour le seul plaisir d’être seule dans mon lit, sans écran, sans réseau social, sans même un bouquin parfois. Je m’allonge dans le noir sans forcément avoir pour but de dormir, et je rêve. Je pense. Parfois j’ai envie de penser à quelque chose en particulier, mais les meilleurs moments sont ceux où je laisse simplement mes pensées divaguer. Sans contrôle. Je m’enfonce dans un rêve éveillé où pensées, images, scénarii, lieux et impressions se mélangent, se succèdent, forment un nouvel univers dont je ne maîtrise rien, dont je ne suis que spectatrice.

Certains de ces rêves sont un peu conscientisés, maîtrisés, j’aime partir d’une idée, d’un lieu ou d’une situation et laisser mon imagination faire le reste.

Je pars toujours de situations proches de celles que je connais, et je donne à tous les chemins une existence possible, une éventualité. Ca peut commencer par « et si un jour je pouvais… » ou « et si cette situation pouvait exister… » et j’invente la suite.

C’est aussi pour cela que j’aime le train. Je prends le train pour aller travailler, et ce sas, ce moment entre deux mondes, entre deux lieux, entre deux types de contraintes différentes, me permet de laisser mon cerveau en roue libre.

Souvent, je ne fais rien dans le train. Si j’ai un bon roman en cours, je lis, mais pas forcément. J’aime par-dessus tout regarder dehors, regarder les gens, et rêver. Si j’ai une bonne musique pour servir de fond sonore à mes rêves délicieux, c’est encore mieux. Je me transporte dans un idéal esthétique où chaque émotion est démultipliée, où chacune a sa place. Je les laisse toutes exister, sans pudeur, sans censure, sans contrôle. Je me contente d’observer et de vivre mes émotions, même les émotions négatives.

C’est dans ces moments que souvent remontent les frustrations, la tristesse, les regrets, les envies irréalisables. Je laisse tous ces ressentis avoir leur place. J’observe seulement, je les laisse exister sans les refouler, sans les censurer.

Parfois en pensant à quelque chose de plutôt heureux, je me surprends à ressentir une violente émotion de regret ou de tristesse, et au lieu de me dire « ça ne sert à rien »  ou « je ne devrais pas ressentir ça », je fais une place à ces sensations. Et ensuite je me sens bien. Pleinement bien.

Comme si laisser les choses être ce qu’elles doivent être m’aidaient à être pleinement moi. Comme une sorte de reconnaissance.

Oui, je ressens ça, et ça, et ça. Ce n’est ni triste, ni bien, ni souhaitable ni négatif, c’est et ça doit être. Je n’apporte aucun jugement à ce que je suis et à ce que je ressens. Et je ressors en général de ces moments de solitude avec un immense bien-être. Avec une capacité entière, profonde, de vivre chaque instant aussi intensément que possible.

Je sors du train, j’hume l’air frais, je renais à la vie, je regarde autour de moi, parfois presqu’étonnée de toute cette vie si simple, si normale, si grouillante autour de moi. Je lève les yeux et je suis pleinement à l’écoute du monde, sensible au moindre bruissement de feuilles, à la claque du vent froid qui m’étonne par sa violence, à la beauté d’un pâle rayon de soleil se reflétant dans le canal.

Je ressens la même chose après être allée courir sur la plage en laissant tous mes sens en éveil, ouverts à la moindre sensation.

Ces moments me sont indispensables pour me reconnecter aux vraies choses. Pour sortir des spirales du « faire » de la vie moderne qui semble nous imposer d’enchaîner les tâches toujours plus vite, pour dégager un peu de temps pour faire une nouvelle tâche.

Des STOP. Des pauses. Des moments d’égarement et d’oubli de toutes les contraintes, de toutes les contingences matérielles, des moments où rien d’autre n’existe que les pensées, libres de tout contrôle, et le rêve.

 

 

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L’emmener avec moi

L’année passée, en 2016, j’ai pris conscience de beaucoup de choses.

De celle que je suis au plus profond de moi, de la vie que je souhaite (dans les grandes lignes), et de cette nécessité impérieuse de faire coïncider ma vie avec ce que je ressens être, vraiment. Une vie conforme à mes désirs profonds, à mes goûts, à mes besoins, surtout. Longtemps, j’ai nié mes besoins les plus essentiels au profit d’autre chose. Le couple, le regard des autres, et surtout cette pression insupportable et quasi inconsciente d’être ce qu’il faut être.

Etre une bonne mère, être une bonne épouse, être une bonne cuisinière et une bonne maîtresse de maison, être polie, respecter les règles, les coutumes, penser comme tout le monde, être présente sur les réseaux sociaux et mettre des photos de sa vie parfaite comme preuve de son parfait conformisme.

Entrer dans le moule.

Toute ma vie, je m’y suis efforcée.

Aujourd’hui je sais qu’il est possible de ne pas adhérer totalement à ce moule, ou au moins d’en définir soi-même les contours, sans pour autant ressembler à une hystérique ou m’enfermer dans une grotte.

C’est un gros challenge. Accepter la vie moderne parce que je ne peux pas m’en extraire totalement, mais apporter aussi un peu de couleurs dans la grisaille ambiante.

J’ai cru, un temps, que tout ça ne se ferait qu’en changeant tout. Changer de vie, changer de maison, changer de mec, changer de boulot.

Je comprends aujourd’hui qu’en effet, je peux tout changer, mais qu’il est aussi possible de modifier presqu’imperceptiblement ma façon de voir et ma façon de vivre, pour être plus moi-même.

Un ami m’a dit il y a quelques jours « tu vas continuer à t’affirmer. Tu as déjà commencé et ça se voit ».

Cette année, je vais construire une vie à mon image. Une vie qui me plaît.

Et j’aimerais tant emmener Giuseppe avec moi.

Il est sur la réserve. Il est tendu. Il décèle ces besoins de changements au quotidien et il a peur. Je vais essayer de ne pas le brusquer, mais un peu quand même. Parce qu’il y a des fondamentaux dans ma vie. Remettre un peu de joie dans notre quotidien, un peu de rires, un peu plus de sourires. Faire des sorties, voir du monde. Il n’est pas d’accord, je le sens. Il ne veut rien changer. Il a peur du changement.

Mais ces changements-là, ils ne sont pas difficiles et ils peuvent nous apporter beaucoup. Je suis persuadée que notre couple ne tiendra pas si on ne se relie pas au monde extérieur. Si on se contente de notre vie à quatre. Le couple se nourrit aussi de ce qu’il puise à l’extérieur.

Pour mon cerveau en recherche permanente d’émotions, il me faut du renouveau. Des projets, des loisirs, des amis. De la vie. Au quotidien.

J’espère qu’il comprendra.

J’espère qu’il me suivra.

J’espère qu’il aimera.

J’espère qu’il m’aimera parce que celle qu’il aime, aujourd’hui, c’est un pâle reflet de celle que je peux, que je veux, que je dois être.

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Plan d’attaque pour 2017

En 2017, ma vie va changer.

Notre vie va changer.

Je ne veux plus rêver d’une autre vie et ne faire que rêver, je veux faire de ma vie actuelle celle que j’aime. J’ai relu mon blog précédent pour un projet dont je vous parle plus bas, et ma relation avec mon Giuseppe était belle. Riche. Intense. On s’aimait à la folie et pas seulement parce que ça faisait moins longtemps.

Les enfants nous ont pris tellement de temps, d’énergie, notre couple est toujours là mais affaibli et plus que le reflet de ce qu’il était.

C’est normal, sans doute, mais je ne veux pas me résigner.

Je m’ennuie. On ne sort jamais, on ne voit jamais personne, on n’invite jamais personne, on ne fait rien d’intéressant avec les enfants (autre chose que des balades sur la plage je veux dire, ce qui en soit est très bien mais qui ne leur apprend pas grand chose). On n’a pas d’amis ou peu, et on ne fait rien pour en avoir. On refuse les rares propositions de sortie qui s’offrent et on se cloître chez nous.

Je n’en peux plus. J’ai besoin de vivre. Les enfants grandissent, on ne peut plus attendre pour vivre, plus repousser, c’est maintenant ou jamais.

Mon premier plan d’attaque, c’est donc celui-là : en 2017, je m’organise une vie sociale. J’invite des amis, je noue plus de relations et ouvre ma maison. Tant pis s’il ne veut pas, s’il ne suit pas. Je suis aussi ici chez moi, je ne peux plus m’isoler, me cacher, juste parce qu’il a la flemme ou qu’il n’a pas envie. J’espère secrètement qu’il finira par aimer ça, par être heureux de ces nouvelles rencontres et par me dire, un jour « tu avais raison ».

Et puis je suis sur un nouveau projet de livre. Mon roman n’avance pas, suite à notre crise de l’automne, je n’arrive plus à avancer mon histoire, mais ce n’est qu’une pause. Juste me laisser le temps de me remettre, et de retrouver l’envie de créer.

Alors je me suis lancée dans mon autre projet, celui que j’ai en tête depuis un an ou deux : importer sur un fichier texte, modifier puis éditer si possible, la partie de mon ancien blog qui parle de nos difficultés à faire notre premier enfant.

J’ai beaucoup souffert, j’ai aussi beaucoup écrit, et j’aimerais apporter ce témoignage brut, pur, ces pensées couchées sur le clavier aussitôt ressenties. Je suis sûre que ça pourrait être utile à celles qui vivent la même chose. J’aurais aimé avoir ce type de lecture quand j’ai vécu ces moments, mais il n’y avait rien. Aucun magazine, aucun témoignage, aucun roman sur le sujet. L’infertilité, la stérilité, est encore vraiment trop peu présente dans les librairies.

C’est un projet agréable à travailler, car il n’y a pas l’angoisse de la création. J’aime créer, écrire quelque chose de nouveau, mais ça demande plus d’énergie. Là je fais de la relecture, je révise, je supprime, je modifie, j’y passe beaucoup de temps et c’est moins fatiguant. Ca me demande moins de concentration. Ma difficulté principale va être de supprimer beaucoup de passages car c’est beaucoup trop long et répétitif à certains moments (l’angoisse, l’espoir et les déceptions mois après mois). Je ne veux laisser que ce qui permet de voir l’état d’esprit, la progression des émotions, les changements dans la façon d’aborder l’attente. Je ne veux pas en faire un récit technique des traitements, je veux vraiment que ressortent les émotions, les angoisses, les implications que ce combat peut avoir dans la vie de couple, dans la vie sociale, au travail et dans la confiance en soi…

Et puis ensuite je me remettrai à mon roman qui est déjà bien avancé. Et je réfléchirai au suivant.

Mon année va aussi être marquée par un renouveau au boulot : ma collègue est revenue de congé mat, et il va falloir réapprendre à travailler ensemble. Je suis heureuse à l’idée que le stress et la charge de travail diminuent, mais je vais devoir m’habituer à ne plus tout gérer, tout maîtriser, tout contrôler. Partager, apprendre à ne pas être la seule sur tous les fronts. Ca m’angoisse un peu, finalement. J’espère ne pas me sentir moins utile. Mais je vais veiller à ce qu’elle retrouve sa place, son boulot, ses repères. Une nouvelle organisation.

 

 

 

 

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La magie de Noël

Mettre de la magie dans leur vie.

Ajouter du brillant dans leurs yeux.

Créer, par nos seuls mots, par nos seules actions, par nos seuls comportements, des souvenirs qui allumeront dans leurs cœurs du bonheur et de la joie, lorsqu’ils en auront besoin. Toute leur vie.

Ces moments de rêve, de partage, ces légendes, ces histoires incroyables auxquelles ils ne croient que parce qu’ils en ont besoin, alimentent dans leur esprit un imaginaire créateur de magie, de joie, de douceur.

Allumer des bougies.

Faire clignoter un sapin décoré de grosses boules couleur neige et drapé dans des guirlandes rouge, installer une étoile tout en haut et voir dans leurs yeux briller son reflet, entendre leurs « oh, elle est belle hein, maman ? » et les « moi ze veux tousser l’étoile tout en vaut… ».

Faire tourner les disques de chants de Noël, répéter les paroles, expliquer « le divin enfant », « résonner musettes », raconter, encore, l’histoire de la naissance de Jésus même lorsqu’on ne croit plus en Dieu depuis 30 ans. Parce que dans leur cœur, l’histoire de Jésus, l’histoire de Dieu, l’histoire du Père Noël et de ses rennes, sont autant de légendes qui enrichissent leur mémoire esthétique, leur mémoire poétique, leur imaginaire.

Aller à la messe de Noël même si on ne veut plus communier, même si on ne veut plus entendre les sermons, les bonnes paroles, même si on ne croit plus en tout ça, les emmener chanter Noël pour le seul plaisir de la communion avec d’autres. Se retrouver, autour d’une histoire et d’une culture commune, avec des gens qu’on ne connaît pas, pour le seul plaisir d’être ensemble et de chanter « il est né le divin enfant » (même si le prêtre chante faux, même si l’église n’est qu’à moitié remplie, même si l’horaire n’est pas pratique pour la préparation du repas).

Mettre les beaux habits car c’est jour de fête.

Veiller tard avec les adultes, goûter une huitre et la recracher dans la poubelle, déposer près de la cheminée une petite assiette avec des gâteaux et un verre de lait pour le Père Noël « qui a beaucoup de travail, cette nuit, hein maman ? ».

Faire durer la magie de Noël et pas seulement pour la caserne de pompier Playmobil ou le camion qu’ils découvriront au pied du sapin demain matin.

Mettre des étoiles dans leurs yeux, les faire briller le plus fort possible et le plus longtemps possible, pour leur apprendre que le bonheur est là, immédiat, et que regarder la flamme vacillante d’une bougie dans la nuit de Noël n’a pas de prix.

Leur apprendre le bonheur et la joie, tout simplement.

Joyeux Noël.

imagnoel

 

 

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Prendre le temps de vivre

Ralentir. S’arrêter. Rêver.

Prendre le temps.

Prendre le temps d’un café, de regarder le soleil se lever.

Prendre le temps d’aimer, de ressentir. S’arrêter un instant, mettre la vie en suspend et laisser entrer les émotions.

Le temps d’un câlin, le temps de penser, le temps de réfléchir, le temps d’écrire.

Du temps à deux, du temps seul, du temps en famille.

Le temps d’un thé avec une collègue, le temps d’écouter un ami se confier, le temps d’un sourire, le temps d’envoyer quelques mots à une personne à qui l’on pense.

Prendre de la hauteur, du recul, et apprécier le moment présent.

 

Parfois dans ma vie, le temps se fige. S’arrête. Je fais un arrêt sur image et je contemple. Comme si je regardais une photo ou un film de ce moment dans quelques années.

Je me transporte quelques années plus loin et je regarde la scène avec nostalgie. « Comme ces moments étaient doux ».

Ca m’est arrivé encore il y a quelques jours. Nous étions dans la salle de bain, tous les 4. Papa, maman et les garçons. Ils chahutaient avec papa juste avant de prendre leur bain. A moitié déshabillés, l’eau chaude qui coulait dans la baignoire en faisant de la mousse, le rire de papa, le rire des enfants, je n’étais plus là tout d’un coup. J’observais. J’ai mis « pause », je me suis extraite de la scène et j’ai regardé ce moment avec le regard nostalgique de celle que je serai dans dix ans. Quand ils auront grandi. Quand on se dira « c’était fatigant quand ils étaient petits, mais on en a passé de jolis moments… ».

Et ce moment-là, dans ce présent-là, dans cette salle de bain-là, faisait partie de ces moments doux dont on se souviendra dans quelques années.

J’ai toujours fait ça. Depuis toute petite, je fixe des images de moments que j’aime, dans une case de mon cerveau que je choisis soigneusement, et je me dis « je me souviendrai de cette image dans 10, 15, 30 ans ». Et ça a marché. J’ai dans ma tête des images hyper précises, aussi précises que des photos ou des films que je pourrais regarder à l’infini, de moments dont j’ai souhaité me souvenir. J’aime pouvoir faire ça.

Alors, avec mes enfants, j’arrête le temps, parfois. Je fixe les images, je les grave et je sais que quoi qu’il arrive dans ma vie, ces souvenirs-là, ces images-là seront à ma portée. Douces et rassurantes.

Arrêter le temps. Arrêter la vie pour savourer. La vie a continué autour de moi pourtant ce jour-là, mais pour moi ce moment s’est figé. A la fois immédiat, fugace, et pourtant permanent.

Une petite pause comme il y en a des dizaines dans ma journée.

Tout d’un coup, j’observe et je fige le moment. Je suis sûre que si on me regarde à cet instant, on doit pouvoir y déceler l’arrêt sur image. Je ne fais plus partie de la scène. Je m’extrais, je suis sur pause. Toujours là et pourtant tellement loin.

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Epanouissement professionnel

Il y a un an et demi, je voulais démissionner.

Je pensais que l’administration ne pourrait jamais rien m’apporter et qu’il me fallait être indépendante et libre pour pouvoir m’épanouir dans mon travail.

Aujourd’hui, je suis toujours dans l’administration, et je me réalise pleinement dans mon boulot.

Le WE, j’ai hâte que le lundi arrive pour avoir le temps d’avancer mes projets, de rédiger mes présentations, de préparer mes interventions.

Quand on a une réunion, je suis toute excitée à l’idée de pouvoir faire passer mes idées, mes projets, et instiller progressivement ma façon de faire.

Comment j’en suis arrivée là ?

D’abord, j’ai eu de la chance : des chefs ouverts, tolérants, qui m’ont permis de construire mon poste en fonction de ma personnalité. Je ne les remercierai jamais assez, ils m’ont soutenue, ils ont cru en moi, ils m’ont encouragée et m’ont aidée (sans le savoir je pense) à prendre mon envol.

Ensuite, j’ai appris et compris que je pouvais pousser un peu les murs, agrandir le cadre qu’on m’avait laissé, et petit à petit y mettre de moi.

J’ai pris un poste un peu étriqué, aux contours un peu trop précis et un peu trop restrictifs, et j’ai cassé tout le contour.

Je n’ai pas fait vraiment ce pour quoi j’avais été recrutée, parce que la fiche de poste avait été réalisée à une période où il y avait beaucoup à construire, beaucoup à encadrer. Une fois le projet bien mis en place par mes prédécesseurs, il ne me restait plus grand chose à faire à part assurer comme un « service après-vente » sur un projet qui avait été piloté par d’autres, ça ne me plaisait pas.

Du coup, je ne l’ai pas fait. J’ai observé, noté ce qui se passait autour de moi, et j’ai pris du travail là où il y en avait. Je me suis construit des missions autour de mon poste, qui avaient quand même un rapport avec ma fiche de poste initiale, j’ai posé les premières pierres d’un nouvel édifice et j’ai construit de nouveaux contours à mon poste.

Depuis, entre réunions, discussions avec mes chefs et avec mes collègues, et à force d’initiatives et de pratique, j’ai pu asseoir ma personnalité, créer mon domaine, tisser des liens avec les postes de mes collègues et aujourd’hui j’ai un poste passionnant.

Un poste fait de choses que j’aime (avec évidemment parfois des contraintes qui me saoulent, c’est inévitable), que je fais avec ma sensibilité, mon besoin d’autonomie, mes chefs ont vu que je gérais, ils me font confiance et me laissent l’autonomie dont j’ai besoin. Je leur rends compte, j’explique ce que j’ai en tête, j’expose ce que je compte faire et comment, et ils me suivent.

Je me retrouve avec des gens qui me respectent, qui respectent mon travail, qui apprécient mes initiatives et qui écoutent mes idées. Qui me confient de plus en plus de missions, qui m’incluent dans les réunions où tout se décide, et qui me laissent entière autonomie.

Je peux dire aujourd’hui, un peu plus d’un an après ma prise de poste, que j’adore mon boulot. Et c’est la première fois que ça m’arrive.

Parfois je me dis que j’ai eu une chance incroyable de m’être trouvée là à ce moment-là.

Et puis d’autres fois je me dis juste que tout ça est dû au fait que je sais qui je suis, que je sais ce que je sais bien faire, je connais mes forces et mes faiblesses, et dans le cadre professionnel c’est un atout énorme. Savoir s’imposer quand on sait qu’on détient des connaissances, une expérience, une mine d’idées neuves, et savoir s’effacer quand on se trouve dans des circonstances où on n’est pas à l’aise, où on est moins bon, où on est pas le meilleur pour résoudre le problème.

Alors, je m’impose quand je sais que je peux le faire, et je le fais bien.

Et je m’efface quand il s’agit de quelque chose que je fais moins bien.

J’ai la chance aussi, d’avoir une collègue avec qui je suis totalement complémentaire. Qui est angoissée quand je suis détendue, qui est efficace quand je me perds dans les questions existentielles, qui agit quand je procrastine, qui panique quand j’agis, qui prépare consciencieusement quand j’improvise, et à deux, on forme un duo hyper efficace.

Je suis vraiment fière d’être arrivée à m’épanouir dans un cadre que je ne pensais pas fait pour moi. Chaque jour, je me bats pour pousser les murs, pour adapter les lignes, pour élargir les contours. C’est de l’énergie, c’est une bataille fatigante et permanente, mais quelle satisfaction à la clé…

 

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Reconnexion

En ce moment, on reprend contact Giuseppe et moi.

Physiquement, mais aussi intellectuellement.

On n’avait pas l’impression d’avoir perdu le contact, et pourtant, la communication n’en était plus une. On ne disait pas le fond de nos pensées et on s’éloignait l’un de l’autre.

Après la crise de ce mois d’octobre, j’ai décidé de lui dire plus de choses, de lui montrer plus de choses et d’être plus authentique avec lui. De ne plus jouer à la bonne épouse. Et je sens que le dialogue renaît, doucement. On parle sans tabou. On parle de celui qui m’attire au boulot et avec qui j’ai échangé quelques mails. Ce n’est pas tabou et ça fait du bien. Il s’est détendu avec ça, je crois qu’il a enfin compris qu’il n’y avait eu que des mots, et encore, pas des mots bien équivoques.

On parle de l’amour, on parle de sexe, on parle de libertinage, de nos désirs refoulés, de nos envies les plus profondes (des choses qu’on fera ou qu’on ne fera pas), de notre besoin de nouvelles sensations, de nouveaux horizons.

Je parle, et il ne juge pas. Et il parle aussi. Et on se retrouve. Parce que finalement, sa peur de me perdre dépassée, il comprend très bien mes sentiments, mes envies, mes fantasmes.

On est dans le partage, et ça fait du bien. Je sens qu’il comprend qu’il n’y a pas qu’une définition du couple, et que s’enfermer dans une définition trop restrictive nous entraîne vers le faux, vers le mensonge.

Comment peut-on imaginer un couple qui dure toute la vie sans aucune envie d’aller voir ailleurs, sans aucune haine, sans aucun heurt… Vivre toute sa vie ensemble, ça passe par le fait d’accepter les errances, les erreurs, les ras le bol. Entendre l’autre et s’ajuster. Etre là pour comprendre sans juger.

Et en ce moment on se comprend sans se juger. Ca fait du bien. Ca nous rapproche. Je peux enfin dire les choses sans qu’il se sente en danger, parce qu’il s’agit seulement de dire. Dire pour se défouler, pour être entendue, et pas pour tromper ou pour partir.

Il a lâché prise, il a compris qu’il ne pouvait pas tout contrôler, et le fait de l’accepter le détend et le rend capable d’écouter. Alors, comme je me sens en confiance parce qu’il peut entendre, je peux enfin lui parler. Et comme dans un cercle vertueux, plus je parle, plus il se détend, plus je peux parler, plus je me détends.

Il faut absolument que je me sente en confiance dans mon couple. La vie sociale me paraît une telle jungle pleine de dangers, que je dois vraiment me sentir en confiance avec lui. Et ce sera le cas s’il peut tout entendre.

Il faut que j’arrive à dire, et il faut qu’il arrive à entendre.

Dire sans tabou, entendre sans jugement. Etre dans le partage, pur, vrai, pour construire et non pour juger. C’est peut-être ça que je cherche ailleurs.

Parce que depuis quelque temps, il ne m’entendait plus, et je n’arrivais plus à parler. Personne n’est vraiment responsable. Le quotidien, les enfants qui prennent notre énergie, la flemme du quotidien, la facilité du silence. J’avais besoin d’être comprise et reconnue et je le cherchais dans d’autres yeux. Sans vouloir rien de sexuel ni rien de physique, je cherchais une communion intellectuelle que j’avais perdue avec lui.

C’est cette communion qu’on doit reconstruire. Ne pas arrêter de dire nos sentiments, même négatifs, même violents, même incompréhensibles, dire ce qu’on ressent pour que l’autre ne reste pas étranger.

J’ai trop voulu le ménager de tout ça, et finalement le ménager de quoi ? De moi-même ? quelle bêtise… Il aurait fini par n’aimer que le reflet de celle que je lui laissais voir, et par oublier celle dont il est tombé amoureux il y a onze ans.

 

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Aller la chercher, coûte que coûte

Elle est là. Cachée. Tapie. Dans l’ombre d’une vie entière où on n’a pas voulu d’elle. Toute la vie, elle s’est entendue dire « tais-toi », « reste loin », « ne te montre pas », « va-t-en », « non pas toi ! », « TA GUEULE BORDEL DE MERDE ! ». Oui, on n’a pas toujours été très sympa avec elle.

Elle, cette petite voix. Petite voix parfois plus forte, parfois inexistante. Tellement inexistante pendant tellement d’années. Cette petite voix qui n’était pas perdue, qui est restée là.

Est-elle encore là ? Parfois je doute. Je ne suis plus la même. A force d’enfouir celle que je ne veux pas voir, ne l’ai-je pas laissée sur le bord de la route ?

Je veux la retrouver. Celle que j’étais, initialement. Celle que j’aurais toujours dû être. Celle que je n’ai pas voulu voir et que ma famille n’a jamais vue. Peut-être sauront-ils l’apprivoiser, un jour ? Peut-être pas. Et quand bien même. Elle a le droit d’exister indépendamment du regard des autres. Elle existera et ceux qui ne l’aiment pas, ceux qui ne veulent pas la voir, ne me verront plus.

Il n’y a que moi, qui puisse lui redonner vie. Elle est si riche. Si profonde. Si sensible. Si douée. Mais elle refuse de remonter.

Certains jours j’ai peur qu’elle soit définitivement partie. J’essaie de la faire remonter à la surface, j’essaie de déblayer, jour après jour, les couches de remblais que je lui ai jeté dessus pour ne plus la voir. Je n’ai pas fait exprès. Je ne savais pas. Je ne la voyais pas comme j’aurais dû la voir.

Je la croyais folle, source de mille souffrances et de désespoir. Trop différente, trop bruyante, trop gênante, je pensais que personne ne pourrait l’accepter, que personne ne saurait vraiment la voir, alors je l’ai cachée. Et aujourd’hui, dans le secret de mes nuits angoissantes, j’ai peur. Peur de l’avoir tuée.

Je l’imagine. Je l’appelle. Doucement. Je lui dis qu’elle peut essayer de sortir, tout doucement, et qu’on pourra voir ensemble ce qu’on va en faire. Qu’on peut toujours faire ça progressivement et qu’on enfouira à nouveau tout ça si ça ne va pas. Mais elle me crie que non. Que lorsqu’elle sera là, lorsqu’elle sera sortie, ce sera trop tard. Elle sera ou ne sera pas, mais elle ne veut pas se montrer à moitié.

J’ai peur de ce qu’elle a à me dire. J’ai peur du jugement qu’elle va porter sur ma vie. J’ai peur qu’elle soit tellement déçue de ce que j’ai fait sans elle. J’ai peur qu’elle prenne les commandes et que je ne maîtrise plus rien.

Elle, c’est mon intelligence. Ma sensibilité. Ma force et ma fragilité en même temps.

Depuis tellement d’années, je l’ai étouffée. Je ne l’ai pas utilisée. J’ai fait taire mon cerveau qui parlait trop. Trop d’angoisse, trop de pensées, trop d’images, trop de sollicitations, j’étais épuisée. J’avais 20 ans et j’étais épuisée de vivre. Je voulais trouver le bouton off, celui qui m’empêcherait de penser, celui qui me plongerait dans un doux coma de bêtise tout le reste de ma vie.

Et j’ai presque réussi. Je ne sais comment, je suis arrivée petit à petit à bloquer les pensées et les images. A stopper les crises d’angoisse. J’ai trouvé toute seule, comment faire pour « regarder ses pensées passer » sans y accorder d’importance, comme on l’apprend en relaxation. Facile pour moi, j’ai tellement d’expérience. Je ne voulais plus les voir. Plus les entendre.

J’ai bloqué le processus. Et j’ai perdu certaines facultés. Je me suis auto-mutilée, intellectuellement. Je n’ai plus voulu m’intéresser à rien, je me suis mise dans le rang, j’ai oublié de penser et de réfléchir et je me suis sentie mieux.

Vraiment mieux ! Je pensais que j’avais réussi un tour de force, arrêter le tumulte de la pensée en arborescence, celle qui ne laisse aucun répit, aucun repos. Les crises d’angoisse ont disparu, la phobie sociale aussi, mais les idées, les projets, les réflexions, se sont mis en berne également.

Aujourd’hui, je ne sais pas. Je voudrais retrouver le chemin de mon cerveau, rouvrir les vannes, réapprendre à l’utiliser dans toutes ses composantes, mais j’ai peur de la souffrance qui pourrait en résulter. Je ne sais pas si je saurai le dompter.

Et je ne sais même pas comment aller le chercher. Comment rouvrir tout ce que j’ai fermé si fort, enfermé si loin, pendant si longtemps. Je ne sais plus comment on fait pour laisser ses pensées revenir. Pour leur redonner une place. J’essaie de m’entraîner, mais parfois je vois le vide.

J’ai tellement appris à ne pas penser, à ne plus ressentir et à trouver ça normal, que la moindre idée, la moindre pensée qui s’invite, s’échappe aussitôt. Comme si elle n’osait plus venir troubler ma tranquillité. Il faut que je leur redonne le droit de venir. Que je m’ouvre à nouveau.

Aujourd’hui, je crois que j’aurai les clés et les armes pour accepter. Quand j’ai tout verrouillé, je ne voyais que la souffrance. Aujourd’hui je sais toute la richesse qu’un tel fonctionnement peut générer. J’ai fait remonter les émotions, en partie, depuis un an. Maintenant je voudrais aller chercher les pensées créatives, les pensées divergentes, les images que mon cerveau créait si facilement et qu’il ne fait plus qu’au ralenti.

Peut-on avoir une prise là-dessus ?

Peut-on décider de recommencer à penser après avoir décidé de ne plus penser ?

Peu importe ce que ça me coûtera. Il faut que j’y arrive. Je vais aller la chercher. Je vais aller me chercher…

 

 

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Peut mieux faire

« l’émotion au bord des lèvres, toujours, et la pensée aux frontières de l’infini, tout le temps ».

Voilà. Ca, c’est moi. Moi et d’autres, aussi, bien sûr.

Depuis un an, j’ai appris. J’ai compris les méandres de ma personnalité complexe, j’ai mis des mots sur des douleurs ancestrales, sur des angoisses existentielles, sur des réactions extrêmes. J’ai compris et maintenant j’essaie de dompter.

Ne plus aller contre, ne plus étouffer les émotions, les contradictions, les angoisses, les pulsions de vie, de mort, ne plus étouffer celle que je suis au plus profond de moi, qui renaît lentement. Avec des périodes de grand progrès, et des périodes de calme.

Dans beaucoup de situations, j’ai beaucoup progressé. J’accepte de plus en plus mes bizarreries de pensée au boulot, mes états d’âme ou mes émotions. Je les verbalise, parfois. J’explique, quand je peux. Je me rebelle aussi un peu, quand c’est possible et quand ça devient difficile de me contenir et de tout accepter.

Avec mes amis et mon entourage, aussi, j’ai progressé. Je suis moins dans l’adaptation maladive, dans le mode caméléon. Je suis très forte pour me comporter comme on attend de moi que je me comporte. Mais je n’ai compris que très récemment que ce n’était pas ça, être soi. Que je ne faisais que jouer. Alors, j’essaie d’être plus vraie. Plus authentique. J’essaie de dire les choses, même quand ça paraît difficile. J’essaie de laisser les autres accéder un peu à celle que je suis. Progressivement, parce que ça fait bizarre. Comme ouvrir une fenêtre sur mon âme, fenêtre qui avait été condamnée il y a des dizaines d’années. Vers 6 ans, peut-être. Quand j’ai compris que les adultes ne sauraient jamais répondre à mes questions et que j’étais désespérément seule face à mes angoisses. A force d’entendre « sois une bonne fille, sois polie et travaille bien à l’école », j’ai fermé la fenêtre et l’ai muré de toutes mes forces. Je me suis efforcée d’être une bonne fille, par contre je n’ai jamais travaillé à l’école…

Mais dans mon couple, j’ai encore des progrès à faire.

Beaucoup de progrès.

J’ai de la colère en moi. De la révolte. Et je ne sais pas trop vers qui tourner cette révolte. Vers mon conjoint ou vers moi-même ? N’est-ce pas surtout moi qui ai fermé l’accès à mon moi profond ?

Moi qui ai refoulé mes émotions, mes pensées, mes angoisses tout au fond de moi pour être une bonne épouse ? Une fille joyeuse, agréable à vivre, sociable, et qui trouve sa place dans le moule de la working mum…

Cette fille, c’est quand même un peu moi. A Giuseppe qui me rétorque « alors, tout ça, c’est une vaste mascarade ? Tu joues la comédie à ce point ? », je nuance.

Non, je ne joue pas la comédie. C’est aussi moi. C’est la part éclatante de mon moi.

De l’autre côté, il y a la part sombre. Mais à force de faire taire coûte que coûte la part sombre, j’ai terni aussi la face éclatante.

Je me suis mise à n’être plus que le reflet moins lumineux de mon MOI. Mais je me suis tellement habituée à me replier au plus profond de moi, à ne pas m’écouter, à ne pas m’entendre, à ne pas vouloir entendre, que faire marche arrière est vraiment difficile, après dix ans de vie commune.

Quand je dis ça, on croirait que si je m’écoute ça va tout changer. Mais non, pas forcément. Il suffirait peut-être de quelques ajustements, dans des situations ou conversations où je m’efface, il suffirait que j’apprenne à dire mes émotions et à ne pas accepter ce que je ne trouve pas acceptable. Au lieu d’accepter pour ne pas créer de conflit, et me dire en moi-même « ce n’est pas si grave, je peux l’accepter ».

Ne pas toujours me renier, alors que personne ne me le demande.

Arrêter de retenir mes larmes lorsque l’émotion me submerge, juste parce que j’ai peur qu’il me trouve ridicule.

Arrêter de dire « d’accord » quand je pense « mais non ! ce n’est pas juste ! »

Arrêter de dire « ce n’est pas grave, je peux le faire », quand je pense « je n’en peux plus, j’ai besoin de repos ».

Arrêter de trouver un synonyme à un mot qui me vient, parce que j’ai peur qu’il me trouve prétentieuse et pédante.

Arrêter de ne pas lui parler de mes angoisses et de mes peurs parce que je crains qu’il ne veuille pas les entendre.

Arrêter d’accepter ses « NON » comme des fins de non recevoir, alors que parfois il pourrait se laisser convaincre (mais si, on PEUT prendre une baby sitter et sortir de temps en temps).

Bref, petit à petit, progressivement et en commençant par des choses faciles, arriver à assumer ce que je suis au maximum.

Peut-être m’aimera-t-il quand même.

Je sais qu’il aimerait une femme qui soit posée, sûre d’elle, rassurante, toujours égale à elle-même, qui sait où elle va. Mais je ne suis pas cette femme-là. Je suis une femme passionnée, une femme libre et indépendante, une femme pleine de contradictions qui peut rire une minute et pleurer la minute d’après. Une femme qui a mille projets plein la tête, mille envies, et qui ne se contentera jamais d’une vie médiocre. Qui l’entraînera dans l’inconnu, dans le « toujours meilleur », dans l’éclatant. Qui rêve d’aventure, de risque, de sensations et qui veut donner à sa vie mille couleurs.

Je serai celle qui le malmène, celle qui balaye ses certitudes, celle qui l’emmène plus loin, celle qui lui posera les questions qu’il n’a pas envie de se poser.

Je suis comme ça.

Mais je serai aussi celle qui lui offrira de la joie, du bonheur, du rire, au quotidien. Des émotions, toujours. Celle qui saura pleurer de joie devant une scène banale du quotidien. Celle qui saura lui offrir le meilleur d’elle-même s’il l’accepte inconditionnellement.

Il faudra qu’il m’aime comme ça, parce que je ne saurai plus être quelqu’un d’autre. Je n’ai plus envie et je ne peux pas revenir en arrière.

Les émotions au bord des lèvres, toujours, et la pensée aux frontières de l’infini, tout le temps.

 

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